La pilule, est-bien écolo ? Suite de notre interview comment gérer sa sexualité, avec le Dr. Françoise Pinguet, gynécologue.

Corpsfeminin.com : Prendre ou ne pas prendre la pilule est-il un problème éthique, un problème de santé publique ou un problème écologique ?

Dr. F. P. : Les 3 à la fois : écologique car non respectueux du corps de la femme et diffusant des hormones de synthèse dans la nature. Santé publique : il y a des contrindications et des risques au niveau de la santé : problèmes circulatoires, cancer du sein ? voir les effets secondaires dans le dictionnaire VIDAL. Un problème éthique c’est à dire de comportement bon ou mauvais ? En fait, c’est un choix de vie : soit je vis l’instant, au plus simple, sans trop réfléchir, je suis mes désirs dont je deviens dépendante et donc moins libre, je construis sur du sable. Soit mon vrai désir est d’être aimé pour ce que je suis, y compris avec défauts, de construire dans la durée avec de bonnes fondations qui puissent résister aux aléas de la vie. Je vois l’amour en grand, durable, fidèle ! C’est possible. C’est à chacun de choisir.

Corpsfeminin.com : Plus concrètement, on dit que les hormones de synthèse contenues dans la pilule sont des perturbateurs endocriniens : quel est le risque pour notre environnement et notre propre corps, hommes et femmes ?

Ce risque est réel. En effet les femmes qui prennent la pilule contraceptive éliminent ces hormones de synthèse dans leurs urines et cela passe dans les eaux usées. Ces produits ne sont pas éliminés et sont donc retrouvés dans l’eau du robinet ! Ainsi les hommes avalent des hormones féminines en buvant l’eau du robinet ! A ce jour les causes d’infertilité masculine augmentent en lien avec ces perturbateurs

Corpsfeminin.com : Comment avoir une gestion de sa fécondité la plus écologique possible ?

C’est d’abord : l’accueil par l’homme et la femme du corps qu’ils ont reçu et d’en prendre soin, tout en le soignant quand il est malade. Ensuite, c’est découvrir son mode de fonctionnement que ce soit pour l’homme comme pour la femme. Enfin, c’est adapter son mode de vie, autrement dit sa sexualité en fonction des découvertes faites. C’est grandir en dignité et autonomie.

Corpsfeminin.com : Qu’est-ce que la méthode naturelle de régulation des naissances (ou planification familiale naturelle) ?

La démarche dite naturelle se base sur 2 éléments : apprendre pour la femme à reconnaître les signes de la période fertile à savoir l’observation de la sécrétion du col de l’utérus perçue à la vulve, associée ou non à la courbe de température prise le matin au réveil et ensuite de décider en couple d’adapter la vie sexuelle aux périodes infertiles du couple. Des couples formés sont disponibles pour accompagner un apprentissage de ce mode de vie, ce qui est indispensable.

Corpsfeminin.com : Sur quels fondements scientifiques s’appuient les méthodes naturelles de régulation des naissances ?

Les méthodes naturelles se basent sur le lien établi entre la fabrication des hormones des ovaires (œstrogène et progestérone) et les modifications de signes du corps : la température dite basale c’est à dire prise le matin au réveil avant de se lever et la sécrétion par le col de l’utérus d’une substance qui coule vers l’extérieur et que la femme sent et voit. Les œstrogènes font fabriquer cette sécrétion et la progestérone élève la température de 3 dixièmes. Des études ont confirmé la fiabilité d’une telle observation. Elles ont été publiées dans des journaux médicaux en anglais, langue majoritaire sur le plan scientifique.

Corpsfeminin.com : On entend parfois “J’ai entendu parler de différentes méthodes, comment choisir ?” que répondre ?

Le point commun essentiel est l’observation des signes de fertilité pour déterminer la période fertile. C’est à chacune de choisir un ou deux signes selon ce qui lui convient.

Corpsfeminin.com : “J’ai plusieurs partenaires sexuels, mais un seul que j’aime vraiment. Je n’arrive pas à me séparer de l’un ou de l’autre” : que répondre ?

Vous parlez de partenaire, donc comme dans un match de tennis ou un jeu de cartes. Mais vous signalez une notion d’amour pour l’un d’eux. Voulez-vous construire une relation stable, basée sur la décision de s’aimer, ce qui veut dire vouloir aimer l’autre quoiqu’il arrive ? Choisir de s’aimer vraiment au sein d ‘un couple, c’est renoncer à tous les autres, mais c’est surtout, découvrir la joie du don total le vôtre, mais aussi celui de l’autre : vous méritez que quelqu’un vous donne toute sa vie quoiqu’il arrive. C’est difficile d’aimer l’autre, alors parfois, souvent on se fait mal, par maladresse, mais l’amour vrai pardonne. De pardon en pardon l’amour s’enrichit, s’enracine, se fortifie : la joie profonde est alors au rendez-vous.

Corpsfeminin.com : “J’allaite, mais à la maternité ils m’ont dit que l’allaitement n’était pas sans risque et que mon ovulation pouvait revenir sans prévenir…” qu’en pensez-vous ?

Ceci est une erreur scientifique. Aujourd’hui nous avons une bonne connaissance du déroulement du cycle féminin et de la fertilité en période d’allaitement grâce à des travaux de l’OMS (organisation mondiale de la santé). Après un accouchement, l’allaitement a un effet direct sur l’hypophyse et bloque son activité sous certaines conditions : allaitement complet ou non, nombre de tétées, allaitements antérieurs s’il y en a eu etc. Il faut s’adresser à des personnes formées pour des informations précises et fiables.

Pour aller plus loin :